10 de dez de 2013

L’accordéon poussiéreux

   Peu de temps avant d’aller à la guerre, l’accordéoniste a écrit un poème pour sa bien-aimée fille de joie. Il savait qu’il ne reviendrait jamais. Il a mis le papier dans son accordéon. La fille de joie n’a jamais joué l’accordéon ; il est resté dans le même lieu. La fille de joie est morte sans voir le poème de son accordéoniste. Je l’ai recontré le 22 Décembre 1967, quand j’étais un jeune étudiant, je suis allé à Paris et j’ai loué cette chambre. La fille de joie était décédée il y avait deux semaines. Cette chambre, avec tous les meubles encore, racontait les histoires tristes de la fille de joie et ses amants. J’ai soulevé l’accordéon poussiéreux et j’y ai trouvé le papier. Le poème a été inspiré pour la poésie de Prévert. Le papier disait:

« au revoir

je vais partir
oui, je pars aujourd’hui
demain, je ne sais pas
mais sans te regarder, sans toi.
je pars pour moi, pour toi, pour tous
je vais. »


Alberto Sartorelli